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Une présentation du gaz radon et des risques qui lui sont imputables.

 

Dernière mise à jour :

Le risque radon

Le risque radon

Du fait de mes activités professionnelles relatives à l'utilisation de rayonnements ionisants, je suis obligé de suivre régulièrement des formations pour suivre l'évolution de la règlementation en la matière.

Et lors de mon dernier « recyclage », l'accent a été mis sur le risque radon, (plus que) survolé dans les précédentes sessions.
Le risque pouvant être conséquent selon votre position géographique, j'ai trouvé intéressant de vous partager quelques notions et liens liés au gaz radon.

Le radon, c'est un gaz noble, radioactif inodore, incolore et inerte chimiquement. Il est plus dense que l'air et est assez soluble dans l'eau. Historiquement, il a porté plusieurs noms comme niton, alphatron, actinon, thoron et émanation de radium (RaEm). Ce dernier nom provient de sa découverte au début du XXe siècle par Rutherford et Soddy 1.
Son nom définitif est fixé par l'Union internationale de chimie pure et appliquée (International Union of Pure and Applied Chemistry - IUPAC) en 1923 2.

Le radon possède plusieurs isotopes, dont 2 sont présents en concentration significative dans l'environnement : le radon 222 est issu de la chaîne de désintégration radioactive de l'uranium 238, le radon 220, aussi appelé à l'origine thoron, est issu de la chaîne de désintégration radioactive du thorium 232. Il est produit par la désintégration du radium avec émission de particules alpha 3.
Le radon 220 est dans une concentration moindre (de l'ordre de 20%) par rapport au radon 222.
On le trouve majoritairement, naturellement s'entend, dans les régions présentant un sous-sol d'origine volcanique. Il nous vient du centre de la Terre et s'immisce en surface par les failles géologiques, phénomène connu sous le terme d'exhalation.
De façon non naturelle, le radon s'est notamment retrouvé dans des ciments créés à partir de sable provenant des résidus d'exploitation de site uranifère…

La figure ci-dessous présente les différentes zones à potentiel radon en France métropolitaine.

potentiel radon - IRSN
Zone radon (source : IRSN)

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le radon comme cancérigène certain pour le poumon en 19874. Il est la deuxième cause de décès par cancer du poumon5, juste derrière le tabac et au même niveau que le tabagisme passif. Et être exposé au radon et fumer augmente considérablement le risque de cancer du poumon.

En effet, si le radon est un gaz, les particules radioactives qu'il émet s'accrochent aux particules solides présentes dans l'air qui peuvent alors être inhalées, entraînant une contamination.

Pour déterminer votre exposition au radon dans votre habitation

Il est tout à fait possible de déterminer son exposition au radon par le biais de dosimètres à installer chez soi.
Après une certaine période d'exposition, les dosimètre sont renvoyés au service idoine pour détermination de la dose radon.

Plusieur sociétés proposent ce service. Vous en trouverez une liste en bas de cette page.

À noter qu'une meilleure estimation de la concentration de radon dans une habitation est faite en période hivernale, lorsque l'aération est moindre.

Quelques liens complémentaires

Les liens suivants vous permettront d'approfondir le sujet, selon que vous êtes plus ou moins concernés.

 

Notes :

  • 1 - Bien que la découverte du radon soit couramment attribuée au physicien allemand Friedrich Dorn, elle devrait plutôt être attribuée au néo-zélandais Ernest Rutherford et à l'américain Frederick Soddy, suite aux travaux de recherche des Marshall (lire l'article des Marshall).
  • 2 - le nom radon a été officiellement attribué à l'élément chimique par l'IUPAC dans son rapport de 1923 (The Journal of the American Chemical Society, vol. 45 n°4, 867-874. Ce rapport visait à définir le nom de certains éléments chimiques radioactifs par rapport à leurs isotopes. Publication sur demande.
  • 3 - faisceau de noyaux d'hélium, lourd et donc facilement arrêtable, par une simple feuille papier ou la couche externe de la peau par exemple. À priori inoffensif, sauf à être inhalé ou ingéré, auquel cas le rayonnement alpha devient source de contamination pouvant entraîner des lésions sur les cellules souche et l'ADN.
  • 4 - IARC monograph vol 43 (1987). IARC Monographs on the Evaluation of the Carcinogenic Risks to Humans - Volume 43 - Man-Made Mineral Fibres and Radon. ISBN : 978-92-832-1243-0 (Télécharger le PDF).
    Ce rapport présente les résultats d'études sur différentes concentrations de radon dispensées à des drosophiles, souris, rats, hamsters, lapins et chiens beagle, ainsi que des études épidémiologiques réalisées sur des mineurs travaillant sur des sites d'extraction d'uranium.
    Conclusion finale : Radon and its decay products are carcinogenic to humans, soit le radon et ses produits de désintégration sont cancérigènes pour l'homme (Groupe 1).
  • 5 - 2e cause de décès par cancer du poumon.

Modifié le : 30 juillet 2026